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Et si on prenait une année sabbatique? 4 femmes ont osé!

Les congés sabbatiques. Deux mots qui font rêver la plupart d’entre nous. Souvent utilisés pour marquer un temps d’arrêt entre deux emplois, il est parfois possible de profiter d’un programme de paiement différé qui nous permettra de mettre de l’argent de côté pour être payée pendant notre congé. Un congé sabbatique, c’est l’excuse parfaite pour réaliser des projets pour lesquels deux ou trois semaines de vacances par année ne sont pas suffisantes, comme un voyage ou l’écriture d’un roman. C’est aussi une chance de prendre du temps juste pour soi afin de pouvoir vivre le moment présent sans avoir le stress du quotidien. Voici quatre femmes qui ont osé l’expérience.

Par Nathalie Rivard

Françoise avait 38 ans quand elle a décidé de prendre 10 mois de congé avec sa petite famille pour partir explorer l’Amérique en motorisé. Un rêve pour cette Suissesse établie ici avec son mari français et leurs deux petites filles de 3 et 5 ans nées au Canada. Elle est contrôleuse aérienne et dans sa convention collective, elle avait droit aux congés sans solde offerts aux parents d’enfants d’âge préscolaire. Cela a donc été une simple formalité pour obtenir son congé. Elle voulait prendre du recul par rapport à la vie de fou que l’on mène de nos jours, revenir à l’essentiel et tisser des liens encore plus serrés avec ses proches. Le voyage est fantastique en ce sens, car il favorise les découvertes et les rencontres de gens de tous horizons. «Le seul problème avec les sabbatiques», dit-elle «c’est qu’on y prend trop goût!». Depuis son retour pays, elle s’accorde plus de temps pour elle, vit plus dans le moment présent et fait du sport plus régulièrement. Elle croit que les femmes devraient s’offrir ce cadeau et en profiter pour réaliser quelque chose de précis comme un voyage, la construction d’une maison ou écrire un livre. C’est un privilège de prendre un temps d’arrêt et c’est accessible même avec de faibles moyens financiers. Il faut juste bien planifier. De son côté, elle répétera l’expérience, mais laissons là encore savourer son année qui vient tout juste de se terminer et qui lui a laissé des souvenirs pleins la tête.

Sylvie travaille comme éducatrice en santé mentale, un travail où le stress est omniprésent. Elle a décidé à l’aube de sa quarantaine de faire le point et de prendre un temps d’arrêt pour profiter de l’été, faire beaucoup de sport et surtout être disponible pour ses proches et ses amis. Pas de gros voyage prévu, juste le goût de se lever le matin et d’avoir un monde de possibilités devant elle. Elle a donc pris 6 mois de congé différé payé sur une période de 3 ans. Bien souvent, dit-elle, les gens prennent de longs congés quand ils sont malades. Elle voulait un congé sans souffrance ou déséquilibre. Elle n’est pas partie au bout du monde, mais a exploré son nouveau quartier où elle habite depuis un an. Elle a fait du sport et est même partie une semaine en croisière aux Îles de la Madeleine avec quelques-uns des coéquipiers de bateau-dragon. Ce congé lui a permis d’aborder sa quarantaine avec sérénité et en plus grande forme que jamais. Elle a le goût de répéter l’expérience tous les deux ou trois ans d’ici sa retraite, car elle vient de passer le plus bel été de sa vie.

Christelle avait 32 ans quand elle a pris six mois de congé sabbatique. Infirmière aux soins intensifs, elle voulait marquer ses 10 ans dans la profession infirmière et faire des voyages qui dureraient plus de 2 semaines. C’était aussi une chance pour elle de demander un congé payé de plusieurs mois sans perdre ni son poste, ni son ancienneté. Elle a donc opté pour un congé en traitement différé sur 2 ans. Pendant ses 6 mois, elle est partie une semaine au Paradis marin dans le coin de Tadoussac, faire du kayak de mer. Un petit voyage riche en rencontres et en rigolades. Sans compter les moments magiques entourée de baleines. Ensuite, elle a fait un trek de un mois au Zanskar, au nord de l’Inde, avec son frère. Étant française et la seule de sa famille à habiter au Canada, elle a pu partager des moments magiques avec son frère qu’elle ne voit pas souvent. Un voyage où vivre le moment présent a pris tout son sens. Au retour, elle est partie deux mois en France passer les fêtes avec sa famille. Chose qu’elle n’avait pas faite depuis qu’elle vit au Canada. Elle a pu vraiment prendre son temps pour voir famille et amis et a du coup profité de l’occasion pour présenter son conjoint à sa famille et lui faire découvrir sa région. Le reste du temps, elle a vraiment vécu au jour le jour, profitant des petits moments du quotidien. Pour sa part, elle aimerait répéter l’expérience aux 10 ans ou pour marquer la fin d’une époque avant d’en recommencer une autre. C’est vraiment un temps précieux que l’on devrait toutes s’accorder.

Cara avait 39 ans quand elle a décidé de « s’autocongédier » du monde corporatif après 15 ans de travail acharné. Contrairement à plusieurs de ses collègues, qui rêvaient de se faire congédier pour repartir en neuf, elle a pris les choses en main et a décidé de sortir de sa cage dorée et de plonger dans le vide. Elle a vendu sa maison, entreposé ses biens et est partie explorer le monde. Elle s’est même acheté un petit lopin de terre sur une île en Indonésie. C’était il y a quatre ans et elle en ressent encore les effets positifs aujourd’hui. Elle constate que le temps est le bien le plus précieux que nous ayons et qu’il ne peut être acheté ou remplacé. Elle a aussi dû réévaluer qui elle était et ce qui la rend heureuse pour ensuite dessiner les plans de sa nouvelle vie. Un défi que plusieurs préfèrent éviter, car c’est trop difficile ou douloureux. La nouvelle Cara est très différente de l’ancienne. Elle aime beaucoup plus celle qu’elle est devenue. Maintenant, elle est la propre capitaine de son bateau et a plus de contrôle sur son horaire. Même si c’est plus stressant de travailler à son compte que d’avoir un salaire fixe, elle ne changerait pas sa vie. Elle n’a pas fini sa démarche et elle continue de découvrir de nouvelles choses tous les jours sur le chemin de sa vie. C’est fascinant!

Chose certaine: elle sait qu’elle n’est plus faite pour travailler dans un environnement corporatif. Elle écoute sa petite voix et nous encourage aussi à le faire. Notre intuition sait ce qui est bon pour nous, plus qu’on le pense. Même si ça prend du courage pour prendre une pause et repartir à neuf, il faut confronter sa peur et foncer. Si c’était si facile, tout le monde le ferait. Elle ajoute : «Vous ne verrez jamais quelqu’un sur son lit de mort qui regrettera d’avoir pris une sabbatique, mais par contre, vous n'en rencontrerez pas qui rêvent d’avoir plus travaillé non plus...» Avec ses changements de vie, suite à son voyage, elle a un peu l’impression que sa sabbatique se poursuit, puis chaque année elle retourne à Bali pour visiter son petit paradis tropical.

Et vous, que feriez-vous de 6 mois ou un an de congé sabbatique?

- Dimanche 27 Mai 2012 -

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