La 1ere Québécoise à relever le défi des 7 sommets
Être la première Québécoise à atteindre le plus haut sommet de chacun des sept continents, voilà le défi extraordinaire relevé par Véronique Denys, 36 ans. Pendant sept ans, cette amoureuse de la montagne parcourt le monde et complète en 2011 le Défi international des 7 sommets. Cette avocate fiscaliste de profession ne peut se passer de nature… et de challenges! Rencontre avec une audacieuse.
Par Géraldine Zaccardelli
Mlle: Quand vous songez au défi que vous avez relevé, que cela vous procure-t-il?
Véronique Denys: C’est une immense réalisation. Ce défi représente un rêve mené à terme. Quand j'y songe, je ressens une joie incroyable.
Mlle: Nourrissiez-vous ce rêve depuis l’enfance?
V.D.: C’est plutôt à l’adolescence que j’ai eu envie de me dépasser. Afin de répondre à ce besoin, à seize ans, je me suis enrôlée dans la milice (armée à temps partiel) et j’y suis restée pendant trois ans. J’ai eu droit à un entraînement à la dure et ai développé le désir du surpassement. Parallèlement, j’ai commencé à découvrir la montagne. Petit à petit le sport a pris une place très importante dans ma vie et l’appel du plein air, de la nature et du voyage se faisait criant.
À 19 ans, j’ai assouvi ma soif des hauteurs en me rendant dans l’Ouest canadien. Puis, j’ai pris d’assaut mes premières montagnes en haute altitude (5000 mètres) au Pérou, avant d’aller au camp de base de l’Everest en 2004. À sa vue, je me suis jurée d’y revenir et d’escalader son sommet, car au-delà d’être la plus haute montagne monde, elle revêt un caractère sacré et ses paysages y sont époustouflants. Atteindre sa cime était devenu mon objectif, bien que je savais qu’un travail colossal m’attendait. Le défi des 7 sommets est très connu dans le domaine de l’alpinisme et comme j’adore les voyages, il représentait un beau prétexte pour découvrir de nouvelles contrées.
Mlle: Comment vous êtes-vous préparée?
V.D.: Psychologiquement, c’est un travail qui se comptabilise en terme d’années. La préparation physique est également longue et primordiale. Sans cela, l’aventure se déroule dans les pleurs et la douleur! Mon entraînement militaire m’a aussi habituée à faire du camping d’hiver, à lever de grosses charges, à peu dormir, etc. Bref, j’avais tous les outils en main. Sur l’Everest, notre ascension a duré deux mois; il faut donc être vraiment préparée à se retrouver dans des situations plus qu’inconfortables. Finalement, cela représente aussi un défi financier! Seulement l’ascension de l’Everest c’est presque 60 000$. Merci aux commanditaires!

Mlle: Avez-vous déjà cru y laisser votre peau?
V.D.: Non, et la peur ne m'a jamais paralysée. Par contre, au dernier camp de l’Everest, à 8000 mètres, nous avions très peu d’oxygène et les risques de développer des pathologies comme des oedèmes pulmonaires ou cérébraux sont plus élevés. Nous sommes conscients des enjeux et nous savons qu’il ne faut pas rester longtemps dans ces zones très à risque.
Mlle: N’avez-vous pas l’impression de jouer avec votre vie?
V.D.: Non, car les risques pris, sont calculés. Jouer avec sa vie serait de ne pas écouter son corps, ni ses symptômes.

Mlle: Après avoir relevé un tel défi, comment revient-on à son rythme de vie normal?
V.D.: Très bien! J’ai terminé mon aventure en beauté, avec trois sommets après l’Everest. Je n’ai donc pas vécu le vide après l’extrême. Je suis revenue au travail et trois semaines plus tard, je suis repartie vers les montagnes du Colorado!
Mlle: Sentez-vous que vous avez réalisez quelque chose d’extraordinaire?
V.D.: Oui. Parmi mes réalisations personnelles, c’est la plus enrichissante de toutes. En ce sens, cela est extraordinaire.

Visitez le site de Véronique Denys pour plus d'informations !
**** Les sept sommets mont McKinley (Amérique du Nord), mont Aconcagua (Amérique du Sud), mont Elbrouz (Europe), Pyramide de Carstensz (Océanie), mont Kilimandjaro (Afrique), mont Everest (Asie) et mont Vinson (Antarctique). L'Australie ne figure pas sur cette liste parce que sa plus haute montagne ne pose pas de véritable défi.
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