Mlle tout le monde: Mathilde Thomas de Caudalie
L’entrevue se fait au téléphone, car Mathilde Thomas, la fondatrice de la chaîne de soins et cosmétiques faits à base de raisins, Caudalie, est à l’étranger. Non pas au milieu de ses vignes bordelaises, comme on pourrait le croire, mais à New York, d’où elle fait la promotion de la marque, depuis plus d’un an. C’est que les affaires prennent de l’expansion! Du raisin au succès: portrait d’une entreprise qui a franchi, pied de vigne après pied de vigne, les étapes de la réussite.
Par Géraldine Zaccardelli
Mlle: Qu'est-ce que Caudalie a d'unique, selon vous?
Mathilde Thomas: Dernière Caudalie, il y a une histoire vraie. Mon mari et moi avons rencontré ce chercheur, M.Joseph Vercauteren, dans le vignoble et nous nous sommes associés avec lui! Derrière chacun de nos produits, se révèle une histoire ou une tradition ancestrale de la vigne.
Unique aussi, car il y a des brevets. Nous effectuons nous-mêmes les recherches et des molécules découvertes par Caudalie ont remporté des prix de l'Université Harvard. Normalement, une société de notre taille achète des technologies alors que nous, nous en assurons le développement.
Finalement, nous sommes uniques puisque très verts. Il n’y a ni colorants, ni huile minérale dérivée de la pétrochimie, ni ingrédients d’origines animales dans nos produits.

Mlle: Croyez-vous que Caudalie était votre destinée?
M.T.: Depuis que je suis adolescente, ma passion tournait autour des parfums, des huiles essentielles et des odeurs. Je reconnaissais et déclinais les fragrances portées par les amis de ma mère lorsqu’ils venaient à la maison. C’est ainsi que mon père m’a glissé un jour à l’oreille, «Si tu as un don avec ton nez, tu devrais en faire ton métier!»
À 15 ans, j’ai réalisé mon premier stage chez l’Oréal et j’ai adoré. Puis, j’ai travaillé dans la fameuse ville de Grasse, reconnue pour ses grands parfumeurs et lieu d’extraction de la rose et le jasmin. Je me destinais alors à œuvrer dans les parfums.
Or, en 1993, de retour à la propriété vinicole familiale de Bordeaux, à l’occasion des vendanges, j’ai fait la rencontre du professeur. Il m’a parlé des vertus anti-oxydantes du raisin… L’idée a germé et avec mon mari Bertrand, nous avons créé Caudalie en 1995.
Heureusement que j’ai rencontré celui qui est devenu mon mari et mon futur associé, car je ne suis pas du tout une femme d’affaires! Je sais à peine compter!
Mlle: Comment qualifieriez-vous votre parcours?
M.T.: Nous avons fait de bonnes rencontres aux moments opportuns. Mon mari et moi sommes très complémentaires et étions vraiment déterminés à monter notre entreprise. D’avoir été élevée dans une famille d’entrepreneurs, cela m’a nourrie également. Cela efface les limites et fait en sorte que tout devient possible.
Mlle: Comment vous avez réagi en voyant le succès rapide et grandissant de votre bébé?
M.T.: En fait, nous n’avons pas trouvé cela si rapide! Dix-sept ans, c’est long! Après avoir créé Caudalie en 1995, nous avons ouvert le SPA de vinothérapie en 1999, grâce à l’invention de l’utilisation d’une eau de source chaude, riche en minéraux, associée à des extraits de la vigne et du raisin, permettant de créer des soins du corps magnifiques. En 2000, nous avons eu notre second brevet raffermissant grâce au resvératrol. En 2005, la viniférine, brevet anti-taches et en 2006, l’ensemble de notre cosmétique est devenue plus éthique. La nouvelle étape est de promouvoir Caudalie en Amérique du Nord, du Sud, au Brésil, en Russie, en Asie, etc.
Comme vous le voyez, cela ne fut pas si rapide. Au contraire, on voyait les copains qui montaient des entreprises et qui entraient en bourse, et de notre côté, on vendait nos crèmes tranquillement. On se disait «Oh! là là», ce n’est pas bon!
Les échelons ont été gravis petit à petit, sans précipitation. Chacun des produits a été lancé doucement. Nous avons grandi de manière constante, sans un boum.
Mlle: Avez-vous eu un jour envie de reculer ou de changer de direction?
M.T. : Non. Comme tous les entrepreneurs, nous avons eu nos moments de doute et de découragement, mais il y en avait toujours un qui soutenait l’autre.
Mlle: Quelle est votre mission au travers de Caudalie?
M.T.: Je crois en une cosmétique responsable, engagée, aux formules efficaces et naturelles, avec de jolies textures et de bonnes odeurs. J’attends toujours d’avoir le bon produit avant de le lancer.
Mlle: Continuez-vous toujours à avoir des projets et à vous lancer des défis?
M.T.: Oui! Nous ouvrons un Spa à Toronto, au Shangri-la hôtel, à la fin de l’été! Un nouveau brevet pour une gamme globale anti-âge sortira aussi à l’automne. Cela n’est pas arrivé depuis 2005. Ce sera un événement important pour la marque.
Dans 20 ans, j’adorerais que Caudalie soit toujours une entreprise familiale. Peut-être qu’un de mes enfants prendra la relève. J’aspire à ce que nous soyons reconnus comme une grande marque anti-rides dans le monde!
Mlle: Réalisez-vous que vous accomplissez quelque chose d'extraordinaire?
M.T.: Quand on se lance dans une entreprise, on y pense au quotidien. Et dès que ça commence à exister, il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers. Je veux toujours et pour toujours les crèmes les plus efficaces. En cela, c’est extraordinaire d’avancer!
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